Pourquoi le progrès scientifique n'a-t-il pas fait disparaître les religions ?
 Accueil
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit


  • Sujet : Pourquoi le progrès scientifique n'a-t-il pas fait disparaître les religions ?
  • Concepts : Pourquoi - le - progres - scientifique - n'a-t-il - pas - fait - disparaitre - les - religions - - 1026 -
  • Extrait du corrigé : Que Dieu soit une création de l'homme, et n'ait pas l'objectivité des pierres ou des étoiles, ne fait guère de doute : mais le problème est de savoir si la religion n'est précisément pas le meilleur –c'est en tout cas à coup sûr le plus ancien et le plus universel- moyen trouvé par l'homme pour « humaniser » sa vie, et lui donner du sens.Il faut ajouter que si la façon dont la religion affirme que la vie a un sens –en confrontant l'homme à un être et à une loi cosmique qui s'imposent à lui de l'extérieur- est d'un objectivisme qui peut paraître naïf, il n'est pas sûr que s'imaginer se passer complètement de toute foi ne soit pas une autre forme de naïveté. Il y a pour fonder une vie bien des formes de croyances possibles (le progrès, la science, l'art, ou l'amour), qui jamais ne reposent sur la connaissance ni sur la raison, et toutes révèlent un certain écart entre ce que nous savons du monde et les postulats subjectifs qui nous permettent de vivre en lui. En rendant cet écart manifeste, et en le poussant à l'extrême, en ancrant nos aspirations morales et spirituelles sur des mythes totalement arbitraires d'un point de vue cognitif, la religion dévoile en fait franchement (au lieu de la dissimuler, comme on le fait aujourd'hui trop souvent) et assume une contradiction qui est peut-être au coeur de toute existence. En ce sens, Hegel et Feuerbach avaient bien raison de considérer qu'elle est la forme la plus originaire et la plus exemplaire de la conscience par l'homme de son humanité. En elle se révèle bien le paradoxe central d'une telle conscience : il n'est sans doute pas possible qu'une existence ne soit, dans son coeur le plus intime, subjectivement fondée sur des croyances qui d'un point de vue objectif semblent dénuées de tout fondement, et que la recherche de la spiritualité la plus haute ne prenne pas aussi parfois, pour celui qui l'observe « de l'extérieur », le visage d'une automystification.Cette réfutation des arguments naïfs qui déclarent la religion « fausse » parce qu'elle serait « en contradiction avec les données de la science » n'implique pas pour autant que la foi religieuse ait aujourd'hui, dans une culture avancée, la même nécessité qu'à l'époque où elle était le seul moyen pour l'homme d'exprimer le sentiment métaphysique de son existence. Bien des raisons expliquent que tout en restant sans doute indispensable dans nos cultures –ne serait-ce qu'en tant que dépositaire des traditions les plus anciennes et les plus fondamentales par lesquelles s'est définie l'humanité-, elle ne soit plus pour chaque individu qu'une option parmi d'autres, et que son influence collective ait donc connu un recul : la difficulté d'adhérer à des mythes dont la relativité culturelle est évidente, la méfiance, chez beaucoup de nos contemporains, à l'égard du principe même d'une adhésion sans distance critique, l'intérêt qu'ils portent à la connaissance et à la transformation rationnelles du monde, que la foi religieuse tend souvent à juger insignifiantes et sans valeur, la gêne qu'ils ressentent à l'égard d'un discours théologique suspect d'être emphatique et inadéquat à son objet, qu'il tend toujours à réifier, le sentiment enfin que les métaphysiques religieuses manquent parfois de complexité par rapport à celles plus inquiètes que produit (par exemple dans le domaine littéraire) la culture moderne, en sont quelques-unes. Une chose est néanmoins sûre : croire que la religion se réduit à une superstition et que sa disparition est la condition de la désaliénation de l'homme est aujourd'hui devenu une naïveté et un signe d'inculture. CITATIONS: « Le fondement de la critique irréligieuse est : c'est l'homme qui fait la religion, ce n'est pas la religion qui fait l'homme.

Pour accèder à la totalité du corrigé, veuillez suivre les instructions de la colonne de droite.

Pourquoi pas gratuit ?

- Les corrigés que nous vous proposons ont été réalisés par des professeurs de philosophie. Nous pensons qu'un corrigés au prix de deux croissants n'est pas vraiment un tarif excessif.
- Nos corrigés sont de qualité, très détaillés et totalement rédigés. Ils vous feront gagner un temps précieux dans la réalisation de votre devoir.
- Le fait de faire payer un corrigé réduit sa diffusion. Les corrigés gratuits sont consultables par tous...
- Un modeste reversement en échange d'un service de qualité, c'est bien normal non ?

Pour obtenir ce corrigé, un code PassUp vous est demandé

Pour savoir comment obtenir un code, cliquez sur le drapeau de votre pays :




Corrigé directement accessible