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Sujet : Que serait un bon usage de l'utopie?

Extrait du corrigé :

UTOPIE (gr. ou, pas, sans; tapos, lieu)


Mot créé par Thomas More. Nom d'une cité imaginaire - cité de nulle part - qu'il décrit dans son ouvrage Utopia. Terme qui désigne par la suite toutes les constructions rationnelles d'une cité parfaite et idéale mais non effectivement réalisée. La finalité de l'utopie est essentiellement d'élaborer un modèle critique qui serve de norme à la société telle qu'elle est.

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Définitions

  • bon : 1. Qui possède parfaitement les qualités requises par sa fonction ou sa nature : un bon philosophe. 2. (Par ext.) Apte à accomplir quelque chose, à être utilisé dans un certain but ; utile. 3. (Morale) Qualité de ce qui est conforme aux normes morales ; en parlant des personnes, qualifie celle qui agit moralement bien, et en part. celle qui est portée à la bienveillance et à la sympathie envers autrui (en ce dernier sens, opposé à méchant). 4. Pour NIETZSCHE, concept correspondant à la valeur par laquelle les forts s'estiment eux-mêmes et rejettent les autres comme mauvais ; l'aspect actif de cette estimation et l'antériorité du concept positif sur le concept négatif caractérisent la morale aristocratique par opposition à la morale du ressentiment née de la réaction des faibles qui attribuent la valeur « mal » aux actions des forts et, de là, la valeur « bien » à leurs propres actions : « J'ai mis en tête de mon dernier ouvrage : " Par-delà le Bien et le Mal ". Cela ne veut du moins pas dire " Par-delà le bon et le mauvais " ». 5. Bonne forme (loi de la ) : loi posée par certains psycho. (KÔHLER, GOLSTEIN) et selon laquelle, parmi toutes les structurations possibles du champ perceptif, la meilleure du point de vue de l'unité, de la simplicité et de la régularité s'impose au détriment des autres ; cf. prégnance (loi de ). 6. Bon objet/mauvais objet (psychanalyse) : termes désignant les premiers objets pulsionnels de la vie fantasmatique de l'enfant, opposés, par leur caractère gratifiant ou frustrant et surtout par la différence des pulsions qui s'y investissent (pulsion de vie ou de mort). 7. Bonne volonté : pour KANT, qualité de la volonté déterminée par le pur respect de la loi morale ; par suite, critère de la moralité de l'action : « De tout ce qu'il est possible de concevoir dans le monde et même en général hors du monde, il n'est rien qui puisse sans restriction être tenu pour bon, si ce n'est seulement une bonne volonté.
  • usage : Action, fait de se servir de quelque chose, emploi. Ici : ce qu'il advient des découvertes des scientifiques, la façon dont l'humanité décide de les utiliser. L'usage peut tout aussi bien respecter la découverte et l'employer dans la direction pour laquelle elle a été créée ou bien, l'usage peut pervertir une découverte c'est-à-dire, la détourner du but premier, l'utiliser pour autre chose.
  • utopie : Etymologiquement, qui n'est d'aucun lieu. Terme créé par Thomas More, pour désigner une société parfaite, mais imaginaire.

Problématique

Une utopie est une production de l’esprit qui dessine une société idéale, dirigée par un gouvernement posé en exemple par l’auteur. Le créateur de ce type de production est l’anglais Thomas More, avec son œuvre intitulée l’Utopie : le terme vient du grec u topos, c'est-à-dire, nul lieu, non lieu, lieu de nulle part. Une utopie est donc la description détaillée d’un mode de fonctionnement politique et social, qui n’existe pas dans les faits, mais que l’auteur s’attache à rendre aussi précis que possible.

Lorsque nous parlons d’usage de quelque chose, nous voulons désigner l’utilisation de cette chose, c'est-à-dire son instrumentalisation en vue d’une fin. Par conséquent, faire usage de quelque chose, c’est se rapporter à elle comme à un moyen en vue d’une fin à laquelle nous la faisons servir.

La question qui nous est posée nous invite à réfléchir au bon usage de l’utopie, c'est-à-dire à l’utilisation que nous pouvons en faire à des fins pratiques. Or, l’idée d’usage de l’utopie comprend un paradoxe qu’il faut immédiatement remarquer : une utopie est un produit du discours, une construction langagière qui dessine un état idéal de la société. A ce titre, elle parait incapable d’avoir un usage quelconque pour deux motifs : en raison de sa nature discursive, d’une part, qui l’empêche d’être utilisée directement comme un moyen en vue d’une fin ; et en raison de sa nature prospective, d’autre part, parce qu’elle dessine un fonctionnement idéal et non encore réel des rapports sociaux. Cette considération donne toute sa légitimité au conditionnel de la question : « que serait un bon usage de l’utopie ? ». En effet, le conditionnel marque que l’usage en question n’est pas assuré, qu’il n’est pas certain que nous puissions faire usage de l’utopie.

La question au centre de notre réflexion sera donc de déterminer si l’idée d’usage de l’utopie implique une contradiction de l’idée d’utopie, ou s’il est possible d’en faire un moyen en vue d’une fin qu’il nous faudra déterminer.

 



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