- Sujet : Comment les mathématiques, qui sont pourtant un produit de la pensée indépendant de l'expérience, rendent-elles compte si excellement de la réalité ?
- Concepts : Comment - les - mathematiques - qui - sont - pourtant - un - produit - de - la - pensee - independant - de - l'experience - rendent-elles - compte - si - excellement - de - la - realite - - 1738 - reel -
- Extrait du corrigé : C'est donc au moins une
question qui exige encore un examen plus approfondi et que l'on ne
saurait résoudre du premier coup d'oeil, que celle de savoir s'il y
a une connaissance de ce genre, indépendante de l'expérience et même
de toutes les impressions des sens. De telles connaissances sont
appelées a priori et on les distingue des empiriques qui ont leur
source a posteriori, à savoir dans l'expérience. (...) Si l'on veut
un exemple pris dans les sciences, on n'a qu'à parcourir des yeux
toutes les propositions de la mathématique ; et si on en veut un
tiré de l'usage plus ordinaire de l'entendement, on peut prendre la
proposition : « tout changement doit avoir une cause ». Qui plus
est, dans cette dernière, le concept même d'une cause renferme
manifestement le concept d'une liaison nécessaire avec un effet et
celui de la stricte universalité de la règle, si bien que ce concept
de cause serait entièrement perdu, si on devait le dériver, comme le
fait Hume, d'une association fréquente de ce qui arrive avec ce qui
précède et d'une habitude qui en résulte (d'une nécessité, par
conséquent, simplement subjective) de lier des représentations. On
pourrait aussi, sans qu'il soit besoin de pareils exemples pour
prouver la réalité des principes purs a priori dans notre
connaissance, montrer que ces principes sont indispensables pour que
l'expérience même soit possible, et en exposer, par suite, la
nécessité a priori. D'où l'expérience, en effet, pourrait-elle tirer
sa certitude, si toutes les règles, suivant lesquelles elle procède,
n'étaient jamais qu'empiriques, et par là même contingentes?
On remarquera que, quoique l'énoncé postule que les mathématiques
sont « un produit indépendant de l'expérience », un tel postulat
peut être remis en question, la conception empirique des
mathématiques soutenant que celles-ci ne sont nullement
indépendantes de l'expérience.Introduction■
Un constat : Contrairement aux autres savants, au
physicien, au chimiste, au biologiste, etc., les mathématiciens ne
se préoccupent pas, dans l'exercice de leur science, de la réalité
physique, du monde concret : les mathématiciens ne se préoccupent
même pas de savoir si les « êtres mathématiques » sur lesquels ils
travaillent existent réellement, certains d'entre eux (les «
formalistes ») admettant même que ces êtres mathématiques n'existent
pas, en ce sens qu'ils seraient vides de tout contenu, qu'ils se
réduiraient à de purs symboles.
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