- Sujet : Est-il toujours possible de faire la différence entre travail et divertissement ?
- Concepts : Est-il - toujours - possible - de - faire - la - difference - entre - travail - et - divertissement - - 1808 - souhaitable -
- Extrait du corrigé : La joie de vivre, qui est celle du travail, ne se
trouvera jamais dans l'oeuvre : elle ne saurait se confondre avec le
soulagement, la joie inévitablement brève, qui suivent
l'accomplissement et accompagnent la réussite. Le bonheur du
travail, c'est que l'effort et sa récompense se suivent d'aussi près
que la production et la consommation des moyens de subsistance, de
sorte que le bonheur accompagne le processus tout comme le plaisir
accompagne le fonctionnement d'un corps en bonne santé. Le « bonheur
du plus grand nombre » dans lequel nous généralisons et vulgarisons
la félicité dont la vie terrestre a toujours joui, a conceptualisé
en « idéal » la réalité fondamentale de l'humanité travailleuse. Le
droit de poursuivre le bonheur est, certes, aussi indéniable que le
droit de vivre ; il lui est même identique. Mais il n'a rien de
commun avec la chance qui est rare, ne dure pas et que l'on ne peut
pas poursuivre, car la chance, la fortune, dépendent du hasard et de
ce que le hasard donne et reprend, bien que la plupart des gens en «
poursuivant le bonheur » courent après la fortune et se rendent
malheureux même quand ils la rencontrent, parce qu'ils veulent
conserver la chance et en jouir comme d'une abondance inépuisable de
« biens ». Il n'y a pas de bonheur durable hors du cycle prescrit
des peines de l'épuisement et des plaisirs de la régénération, et
tout ce qui déséquilibre ce cycle - pauvreté, dénuement où la
fatigue est suivie de misère au lieu de régénération, ou grande
richesse et existence oisive où l'ennui remplace la fatigue, où les
meules de la nécessité, de la consommation et de la digestion
écrasent à mort, impitoyables et stériles, le corps impuissant -
ruine l'élémentaire bonheur qui vient de ce que l'on est en vie.
Marx
En quoi consiste
l'aliénation du travail ? D'abord, dans le fait que le travail est
extérieur à l'ouvrier, c'est-à-dire qu'il n'appartient pas à son
essence, que donc, dans son travail, celui-ci ne s'affirme pas, mais
se nie, ne se sent pas à l'aise, mais malheureux ; il n'y déploie
pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son
corps et ruine son esprit. En conséquence, l'ouvrier ne se sent
lui-même qu'en dehors du travail et dans le travail il se sent
extérieur à lui-même. Il est à l'aise quand il ne travaille pas et,
quand il travaille, il ne se sent pas à l'aise.
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