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Extrait du corrigé : La conscience est d'abord langage, et celui-ci ne répond qu'à notre besoin d'autrui et de dialogue. On peut admettre que l'homme pense toujours, mais il est néanmoins rarement conscient : il n'a à l'être que dans le cadre étroit et inessentiel de la communication de ses propres pensées. Il n'y a donc pas lieu de diviniser la conscience, issue d'une faiblesse du Moi incapable de supporter sa solitude. Issue de la promiscuité et de l'instinct grégaire, elle est bête, plate, vulgaire, capable de n'exprimer que des généralités, marque du troupeau.Le Moi individuel, au contraire, se définit et se saisit par des forces beaucoup plus intimes, profondes, riches et fécondes qui échappent à cette conscience qui n'est que faiblesse pour autrui. Le véritable Soi est muet, profond, grave et silencieux. Son essence est la force vitale, la volonté de puissance, venue d'un fond obscur et chaotique, aux antipodes de la clarté futile de notre conscience. Celle-ci ne serait que la surface, précaire dans son immobilité et son repos, d'un fond abyssal inconnu qui en serait la vérité. Pur produit social et moral du "tu dois", la conscience est une aliénation et une servitude, l'erreur de chacun sur soi."Nous pourrions en effet penser, sentir, vouloir, nous souvenir ; nous pourrions également "agir" dans toutes les acceptions du terme, sans avoir conscience de tout cela.
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