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Sujet : Créer, est-ce conjurer la mort ?

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Extrait du corrigé : Créer, c'est tenter de laisser une marque indélébile de soi dans l'histoire. On peut créer en art, mais procréer, n'est-ce pas aussi créer ? Sur ce dernier point, on peut se référer au Banquet de Platon : Platon développe l'idée que l'amour (éros) est le désir d'immortalité par l'enfantement dans le beau. Cet enfantement, qui est une création, c'est-à-dire le fait de faire passer du non-être à l'être (205b), peut se faire selon le corps (copulation et génération) ou selon l'âme (belles actions, belles poésies, belles connaissances, belles lois, belles éducations.). L'amour est philosophe donc recherche du beau et du bon. Cette recherche est au final une quête d'immortalité. Immortalité à travers la reproduction sexuelle des corps. Immortalité à travers la production spirituelle de l'âme (art, philosophie, science, etc.).

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Définitions

  • créer : Concevoir, inventer quelque chose.
  • mort : Du latin mors, «mort». Cessation complète et définitive de la vie. Seul parmi les animaux, l'homme se sait mortel: cruelle certitude qui limite son horizon et l'oblige à composer avec sa propre disparition, comme avec celle des êtres auxquels il est attaché. Pour Platon, la mort est un «beau risque à courir». Dans le Phédon, Socrate définit la mort comme la séparation de l'âme et du corps; délivrée de sa prison charnelle, l'âme immortelle peut librement regagner le ciel des Idées, patrie du philosophe. Épicure tient la mort pour un non-événement, puisque jamais nous ne la rencontrons. Tant que nous sommes en vie, la mort n'est pas; et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes plus. Pour Heidegger au contraire, la vie humaine s'inscrit dans la finitude: «Dès qu'un humain vient à la vie, il est déjà assez vieux pour mourir».

Problématique

L’idée de « conjurer la mort » peut sembler un peu naïve ou irréaliste : la mort n’est-elle pas un horizon indépassable et irréductible ? N’est-elle pas ce à quoi l’on ne peut échapper, ce qu’il est précisément impossible de conjurer ?
Pourtant, par sa capacité à créer et les œuvres, qu’elles soient artistiques ou non, qu’il crée de fait, l’homme semble avoir une capacité à « laisser une trace » de son existence après sa mort. Cela amène à poser la question de la définition de l’existence humaine : est-elle uniquement le laps de temps qui s’écoule de la naissance de l’individu à sa mort, ou est-elle aussi la somme de ses actions et de ses créations, la trace qu’il laisse de lui parmi les vivants ? C’est un lieu commun que de dire que Van Gogh ou Mozart sont encore en vie, mais il serait intéressant d’interroger ce lieu commun, pour définir le rapport qu’entretiennent les vivants avec les morts. Car si créer est un moyen de conjurer la mort, il faut définir les conditions sous lesquelles cela est possible, et pour qui cela est réel : est-ce pour le mort, ou pour les vivants qui conservent les créations du mort ?
En fait, ce sujet pose la vaste question des rapports de l’œuvre (artistique ou non) à son créateur et plus précisément à la mort de celui-ci, à sa nature mortelle, qui s’oppose à la nature plus durable de l’œuvre faite de matière non vivante.



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