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Sujet : Réalité et théorie ?

Définitions des termes :
  • réalité : 1) Réalité: * Caractère de ce qui a une existence concrète, par opposition aux apparences, aux illusions ou aux fictions de notre imagination. * Ensemble des choses et des faits réels. 2) Réel: * Comme adjectif : qui existe effectivement, et pas seulement à titre d'idée, de représentation ou de mot (exemple : un pouvoir réel). * Comme nom : l'ensemble des choses qui existent, le monde extérieur (synonyme : réalité).
  • théorie : Du grec theôria qui signifie procession, spectacle, action d'observer ce spectacle, spéculation. 1- Comme distincte de la pratique : conception rationnelle d'un certain état de faits, d'une activité ou d'une conduite, prenant en considération leur nature essentielle ou leur conformité à un idéal. La théorie pure n'est pas chargée de prendre en compte les applications d'un savoir ou d'un principe, mais elle peut donner naissance à des théories plus spécialement attachées à ces applications et qui trouvent en elle leurs fondements. Il est en général plus pertinent de considérer l'articulation de la théorie et de la pratique que leur coupure. - Spinoza, Traité politique, ch. 1, § 1 à 4. - Leibniz, Nouveaux Essais sur l'entendement humain, livre 4, ch. 6, § 9. - Kant, Théorie et pratique. 2- Du point de vue logique : système hypothético-déductif dans lequel théorèmes et conséquences sont dérivés de prémisses (axiomes, postulats, définitions, hypothèses) d'après des règles strictes et explicites. 3- Comme distincte de l'expérience : construction rationnelle et synthétique permettant de déduire d'un certain nombre de principes des lois qui expriment les propriétés des objets étudiés, ainsi que les relations des phénomènes à leurs causes ou conditions. Système formel pourvu d'une interprétation empirique, et non simple décalque de l'expérience, la théorie d'un ensemble délimité de phénomènes vise à la coordination des lois qui leur sont applicables. Différente d'une doctrine, elle est construite pour être systématiquement mise à l'épreuve, corrigée, complétée. Distincte d'un agrégat d'opinions, elle résulte d'une élaboration méthodique effectuée selon des règles explicites et, dans les sciences exactes, sur la base d'une formalisation mathématique. Sa fécondité est évaluée d'après sa capacité prévisionnelle et explicative. - Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, 1er partie, ch. 1 / 3e partie, ch. 1, 2e section. - Canguilhem, Leçon sur la méthode. 4- Par appauvrissement : spéculation plus ou moins éloignée des faits.

Extrait du corrigé : Il suffit, pour s'en convaincre, de citer par exemple : le passage de la théorie mécanique de Newton, qui était, pourtant, bien assise, à la théorie de la relativité qui remit tout en cause et qui suscita des questions qu'on ne pouvait même pas imaginer avant. La théorie de Newton était un système bien homogène, qui avait permis d'unifier les lois planétaires de Képler et la loi de la chute des corps de Galilée en expliquant le trajet elliptique des planètes autour du soleil comme une chute indéfiniment retardée. Cette théorie rendait compte de phénomènes divers, comme la variation de la pesanteur selon la latitude, ou encore le mouvement des marées. Or , c'est précisément ce pouvoir d'unification et d'explication qui peut séduire le savant et arrêter son questionnement. L'esprit scientifique exige donc le doute l'anxiété, le refus de toute certitude : « Préciser, rectifier, diversifier, ce sont là des types de pensées dynamiques qui s'évadent de la certitude et de l'unité et qui trouvent dans les systèmes homogènes plus d'obstacles que d'impulsions. »Si donc l'homme animé par l'esprit scientifique désire savoir, c'est pour mieux interroger aussitôt. En fait, toute théorie scientifique qui règne longtemps finit par le devenir trop familière et se charge d'un concept psychologique trop lourd. Autrement dit, elle amasse trop d'images, de métaphores, et perd peu à peu « son vecteur d'abstraction, sa fine pointe abstraite ».BACHELARD débusque « les obstacles épistémologiques », autrement dit, tout ce qui fait obstacle à la formation et au développement de l'esprit scientifique : l'expérience immédiate, la connaissance générale, le recours à des images, la volonté de rechercher un principe d'explication unique (connaissance unitaire et pragmatique), la substantialisation (qui consiste à attribuer à un même objet des qualités occultes et intimes : on parla, par exemple, de la vertu « dormitive » de l'opium), l'animisme (par exemple comparer la terre au corps humain, ou appliquer le concept de maladie aux objets matériels), la libido (sexualisation latente dans d'immenses domaines de la recherche, en particulier dans la pharmacopée du XVIII ième et dans les recherches électriques de la mêmes époque).Le dernier obstacle, le plus inattendu et même le plus paradoxal, est celui de la connaissance quantitative.

Réalité et théorie ?

Corrigé : Réalité et théorie ?
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