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Sujet : L'homme fait-il la beauté de ce qu'il aime ?

Définitions des termes :
  • homme : Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des homini­dés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • beau : 1. Norme permettant le jugement esthétique ; cf. valeur. 2. Sens concret : objet du jugement esthétique ; ce qui provoque une émotion esthétique par l'harmonie des formes, l'équilibre des proportions. 3. (Par ext.) Ce qui suscite une idée de noblesse, de supériorité morale (un beau geste). 4. Pour KANT, le jugement de goût ne détermine pas son objet en le pensant sous un concept universel, puisqu'il porte toujours sur un cas parti­culier ; c'est un jugement réfléchissant dont l'universalité réside dans l'accord des sujets ; c'est pourquoi le beau est défini comme « ce qui plaît universellement sans concept » ; « la beauté est la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle est perçue en lui sans représentation d'une fin. »
  • aimer : Éprouver de l'affection, de l'amour ou de l'attachement pour quelqu'un ou quelque chose.

Extrait du corrigé : Position de la question. L'art a été souvent défini comme une imitation de la nature, et tout l'art dit « réaliste » s'est présenté lui-même comme une copie, une reproduction objective et quasi expérimentale du réef. Dans une telle conception, le beau serait donc déjà donné dans la nature. I. L'art et la nature. Nous montrerons bientôt que cette conception exprime très mal la fonction et l'essence même de l'art. Mais il nous faut d'abord faire la part des éléments de vérité qu'elle contient. A. — On a parfois présenté l'art comme une pure expression de la subjectivité, comme un « phénomène exclusif du moi » (R. BAYER, Traité d'Esthétique, p. 120). On a insisté sur le rôle de la rêverie, de l'inspiration, de l'intuition, des facteurs irréfléchis dans la création esthétique. Par réaction contre ce subjectivisme, il est bon de marquer que l'oeuvre d'art exige toujours un objet, qu'elle s'incarne dans une matière, toujours plus ou moins empruntée à la nature. B. — Reconnaissons aussi que certaines époques ou certaines formes d'art semblent s'être complu soit dans l'imitation, soit dans la contemplation passive de la nature. On sait que BERGSON a soutenu que le propre de l'art est « d'endormir les puissances actives ou plutôt résistantes de notre personnalité »; les procédés de l'art se rapprocheraient de ceux « par lesquels on obtient ordinairement l'état d'hypnose » (Données immédiates..., p. 11). — Mais on va voir que ces thèses appellent pas mal de réserves et de limitations.

L'homme fait-il la beauté de ce qu'il aime ?

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