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EXEMPLES DE RECHERCHE
Définitions des termes :
- peut : Est-il possible, est-il légitime.
- dire : Affirmer, soutenir, tenir pour vrai.
- vrai : Ce qui est conforme à la réalité, ce qui est réellement.
- réussit : Ce qui connaît le succès, ce qui est efficace, ce qui marche.
Extrait du corrigé : Recherche des idées. Dans quel sens parle-t-on du "vrai" ? Sens formel ? Sens matériel ? Ici, le critère de la vérité est visé d'un point de vue pragmatique. Problématique. Le réalisme de cette interrogation est-il suffisant pour que nous fassions de la réussite le seul critère du vrai ? Parmi les critères du vrai, il en est un qui pose celui-ci comme étant "ce qui réussit". Peut-on souscrire à cette définition, qui a le mérite d'un certain réalisme ? Organisation du plan.
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Le corrigé du sujet "Peut-on dire que le vrai est ce qui réussit ?" a obtenu la note de : aucune note
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Les connaissances vraies étant celles qui sont conformes à la réalité, il semble évident qu’elles permettent d’agir avec succès. Pourtant le diagnostic d’un cancer irrémissible signifie bien l’échec du malade. Peut-on dire que le vrai est ce qui réussit ? A-t-on le droit de faire de la réussite que permet une proposition le critère de sa vérité ? Pour éclairer ce problème, nous allons d’abord examiner l’argumentation de Nietzsche en faveur de l’idée que le vrai est ce qui réussit.
Ce qui vaut comme vérité, explique Nietzsche, ce n’est pas tant la conformité du langage avec la réalité que les propositions qui ont pour nous des « suites agréables », « celles qui conservent la vie ». Ainsi, selon lui ; le vrai est bien ce qui réussit. Chacun adopte alors ses vérités particulières en fonction de ses intérêts particuliers. Cependant il est intéressant de noter que Nietzsche, en persistant à parler de « menteur » et de « tromperie », maintient implicitement l’existence d’une vérité absolue.
Peut-on concevoir qu’il n’y ait que des vérités particulières ?
C’est la thèse que défend explicitement le sophiste Protagoras lorsqu’il affirme que « chacun est la mesure de ce qui est et de ce qui n’est pas ». mais Socrate lui répond que s’il veut être cohérent, il doit accepter également qu’on refuse sa thèse. Ainsi l’idée qu’il n’y a que des vérités particulières est intenable. Cela invalide-t-il alors la thèse que le vrai est ce qui réussit ?
La science moderne semble pourtant montrer l’existence d’une vérité universelle qui réussit. On peut penser que c’est l’universalité de la réussite de ses expérimentations et de ses applications techniques qui impose comme vraies les propositions de la science. Les sciences seraient vraies parce qu’elles réussissent objectivement. Mais cela ne suppose-t-il pas que la raison d’être de la science soit dans ses réussites techniques ?
L’histoire des sciences dément qu’on puisse les réduire à leurs réussites techniques. Par exemple presque tous les théorèmes mathématiques ont d’abord été établis par curiosité d’esprit. Les applications pratiques sont plutôt rares et apparaissent parfois après plusieurs siècles. Il y a donc chez l’homme une culture de la connaissance pour elle-même, abstraction faite de toute application pratique. Cela signifie qu’il y a une valeur de la vérité qui est irréductible à toute valeur particulière. Dire qu’une proposition est vraie, c’est à dire tout autre chose que dire qu’elle est efficace, avantageuse, utile, etc. quel rapport établir entre cette valeur et les valeurs de réussite ?
Lorsqu’on vise la vérité on se place dans l’exigence de sortir de sa subjectivité pour habiter un monde commun, monde dont notre langage a l’ambition de rendre compte de manière universellement valable. Contrairement aux valeurs de réussite, relative aux intérêts particuliers, la vérité est une valeur absolue. C’est peut-être l’Allégorie de la Caverne de Platon qui rend le mieux compte de cette valeur irréductible de la vérité en la comparant à la révélation du monde de la lumière par opposition au monde de l’ombre.
Nous avons montré que, même compte tenu de l’efficacité des sciences, la thèse « le vrai est ce qui réussit » impliquait une conception incohérente de la vérité et n’était pas acceptable. Il faut donc reconnaître un intérêt de l’homme pour la vérité irréductible à aucun autre et en lequel il fait abstraction de ses désirs particuliers, ce qu’on pourrait appeler « un intérêt désintéressé ». C’est en ce sens qu’il faut comprendre la formule de Saint-Exupéry : « La vérité pour l’homme, c’est ce qui fait de lui un homme ».
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