- Sujet : Y a-t-il des vérités qui dépassent le savoir ?
- Concepts : Y - a-t-il - des - verites - qui - depassent - le - savoir - - 537 - vrai -
- Extrait du corrigé : du bien-fondé de la recherche même de la connaissance ?
On peut
prendre deux partis : ou bien l'on considère qu'il n'y a rien au-dessus
du savoir dans l'ordre de la connaissance, que la rationalité pure, en
tant qu'elle permet de connaître, se suffit à elle-même et suffit à la
connaissance du monde ; ou bien l'on pose qu'il y a une manière de
connaître autre et peut-être supérieure à la simple connaissance
rationnelle désignée ici par le mot « savoir » : il faut alors
s'orienter vers des conceptions mystiques ou religieuses, ce qui pose
des problèmes divers : la fiabilité de la connaissance non rationnelle,
la primauté de la foi sur la raison par exemple. On pourra interroger
par exemple l'expression « vérités de la foi », pour l'opposer aux
vérités de la raison, observer la prétention qu'a eue l'Eglise dans
l'histoire de dominer le champ du savoir grâce au pouvoir de la foi dont
elle était la gardienne.
Références utiles
Plotin,
Ennéades
Pascal,
Pensées.
Brecht,
La Vie de Galilée
Textes à utiliser
Platon, Le Banquet
« Il n'y
a pas de dieu qui s'occupe à philosopher, ni qui ait envie d'acquérir le
savoir (car il le possède), et pas davantage quiconque d'autre possédera
le savoir ne s'occupera à philosopher. Mais, de leur côté, les ignorants
ne s'occupent pas non plus à philosopher et ils n'ont pas envie
d'acquérir le savoir ; car c'est essentiellement le malheur de
l'ignorance, que tel qui n'est ni beau, ni bon, ni intelligent non plus,
s'imagine l'être autant qu'il faut. Celui qui ne pense pas être dépourvu
n'a donc pas le désir de ce dont il ne croit pas avoir besoin d'être
pourvu.
Dans ces conditions, quels sont, Diotime, ceux qui s'occupent à
philosopher, puisque ce ne sont ni les savants, ni les ignorants ?
Voilà qui
est clair, répondit-elle, un enfant même à présent le verrait : ce sont
les intermédiaires entre l'une et l'autre espèce, et l'Amour est l'un
d'eux. Car la science, sans nul doute, est parmi les choses les plus
belles ; or l'Amour a le beau pour objet de son amour ; par suite il est
nécessaire que l'Amour soit philosophe et, en tant que philosophe,
intermédiaire entre le savant et l'ignorant.
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