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Sujet : La conscience de mourir peut-elle susciter d'autres sentiments que la peur ?

Définitions des termes :
  • conscience : La connaissance qu'a l'homme de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. La conscience, par cette possibilité qu'elle a de faire retour sur elle-même, est toujours également conscience de soi. C'est elle qui fait de l'homme un sujet, capable de penser le monde qui l'entoure. CONSCIENCE MORALE: Jugement pratique par lequel le sujet distingue le bien et le mal et apprécie moralement ses actes et ceux d'autrui. CONSCIENCE PSYCHOLOGIQUE : Aperception immédiate par le sujet de ce qui se passe en lui ou en dehors de lui.
  • mort : Du latin mors, «mort». Cessation complète et définitive de la vie. Seul parmi les animaux, l'homme se sait mortel: cruelle certitude qui limite son horizon et l'oblige à composer avec sa propre disparition, comme avec celle des êtres auxquels il est attaché. Pour Platon, la mort est un «beau risque à courir». Dans le Phédon, Socrate définit la mort comme la séparation de l'âme et du corps; délivrée de sa prison charnelle, l'âme immortelle peut librement regagner le ciel des Idées, patrie du philosophe. Épicure tient la mort pour un non-événement, puisque jamais nous ne la rencontrons. Tant que nous sommes en vie, la mort n'est pas; et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes plus. Pour Heidegger au contraire, la vie humaine s'inscrit dans la finitude: «Dès qu'un humain vient à la vie, il est déjà assez vieux pour mourir».
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
  • sentiment : État affectif stable et durable lié à des représentations ou des émotions
  • peur : Sentiment de crainte éprouvé en présence ou à la pensée d'un danger, réel ou supposé, d'une menace (souvent dans avoir, faire peur) ; cette émotion éprouvée dans certaines situations : Trembler de peur. Appréhension, crainte devant un danger, qui pousse à fuir ou à éviter cette situation : La peur du ridicule. Crainte que quelque chose, considéré comme dangereux, pénible ou regrettable, se produise (surtout dans avoir peur) : Les médecins ont peur qu'il s'agisse d'une pneumonie.

Extrait du corrigé :       Pourtant, est-ce vraiment si simple de se dire qu'il faut ignorer la crainte de la mort ? Merleau-Ponty explique que non seulement c'est illusoire, mais que ce serait malheureux, car cela ferait oublier à l'homme le sens de son existence. C'est en effet parce qu'il a conscience de mourir que l'homme ne vit pas seulement, mais qu'il existe, c'est-à-dire qu'il est capable de conscience réflexive, et qu'il vit toujours hors de soi. " On ne fera pas que l'homme ignore la mort. On ne l'obtiendrait qu'en le ramenant à l'animalité (...) C'est l'animal qui peut paisiblement se satisfaire de la vie et chercher son salut dans la reproduction. L'homme ne peut accéder à l'universel que parce qu'il existe au lieu de vivre seulement. Il doit payer de ce prix son humanité. " (Sens et non-sens) Transition : si la peur est le sentiment premier face à la mort, il n'empêche que tenter de l'oublier, de l'occulter ce qui d'une part est illusoire, et d'autre part n'est pas souhaitable, parce que ce sentiment premier de peur laisse place à d'autres sentiments, essentiels au sens de l'existence humaine. III.             La conscience de mourir nous donne le sentiment exact de notre existence.

La conscience de mourir peut-elle susciter d'autres sentiments que la peur ?

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Définitions

  • conscience : La connaissance qu'a l'homme de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. La conscience, par cette possibilité qu'elle a de faire retour sur elle-même, est toujours également conscience de soi. C'est elle qui fait de l'homme un sujet, capable de penser le monde qui l'entoure. CONSCIENCE MORALE: Jugement pratique par lequel le sujet distingue le bien et le mal et apprécie moralement ses actes et ceux d'autrui. CONSCIENCE PSYCHOLOGIQUE : Aperception immédiate par le sujet de ce qui se passe en lui ou en dehors de lui.
  • mort : Du latin mors, «mort». Cessation complète et définitive de la vie. Seul parmi les animaux, l'homme se sait mortel: cruelle certitude qui limite son horizon et l'oblige à composer avec sa propre disparition, comme avec celle des êtres auxquels il est attaché. Pour Platon, la mort est un «beau risque à courir». Dans le Phédon, Socrate définit la mort comme la séparation de l'âme et du corps; délivrée de sa prison charnelle, l'âme immortelle peut librement regagner le ciel des Idées, patrie du philosophe. Épicure tient la mort pour un non-événement, puisque jamais nous ne la rencontrons. Tant que nous sommes en vie, la mort n'est pas; et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes plus. Pour Heidegger au contraire, la vie humaine s'inscrit dans la finitude: «Dès qu'un humain vient à la vie, il est déjà assez vieux pour mourir».
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
  • sentiment : État affectif stable et durable lié à des représentations ou des émotions
  • peur : Sentiment de crainte éprouvé en présence ou à la pensée d'un danger, réel ou supposé, d'une menace (souvent dans avoir, faire peur) ; cette émotion éprouvée dans certaines situations : Trembler de peur. Appréhension, crainte devant un danger, qui pousse à fuir ou à éviter cette situation : La peur du ridicule. Crainte que quelque chose, considéré comme dangereux, pénible ou regrettable, se produise (surtout dans avoir peur) : Les médecins ont peur qu'il s'agisse d'une pneumonie.

Problématique

 

Nous autres humains sommes les seuls à savoir que nous allons mourir. C'est là notre privilège et notre plus grand malheur : contrairement aux animaux, nous sommes dotés d’une conscience réflexive qui nous permet d’affronter notre propre destinée. Pourtant, la mort est également ce dont on ne peut faire l’expérience : par définition, nous ne savons que nous allons mourir qu’aussi longtemps que nous ne sommes pas morts. Notre seul rapport à la mort peut donc être un rapport de prévision et d’anticipation. La conscience de mourir n'est rien d’autre que la conscience de notre contingence et de notre possible disparition. Dans ce cas, quels sentiments peuvent provoquer en nous cette idée ? Est-on nécessairement saisi de peur ? Ne peut-on pas envisager aussi que la mort se présente comme une délivrance aux yeux de celui qui est malade ? Est-il illusoire de penser que la conscience de mourir puisse au contraire nous donner envie de vivre ?



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